Présentation

Deuxième journée d’études – 03 mai 2012

Résister aux effets pervers de l’idéologie managériale dans l’intervention sociale

MONS

Haute Ecole en Hainaut (HEH) – Catégorie sociale

Avenue V. Maistriau 13 – 7000 Mons

Journée d'études - inscriptions

Dans leur quotidien, les professionnels de l’intervention sociale sont confrontés à un décalage entre l’image idéale de leur profession, les réalités du terrain et les prescriptions des tâches édictées dans les institutions. Avec les difficultés économiques à répétition que nous connaissons, la pression sur les intervenants sociaux s’aggrave et rend ce décalage plus problématique encore.

Lors de cette journée d’étude, nous aimerions évoquer, avec tous les acteurs concernés (professionnels, formateurs, chercheurs, décideurs, bénéficiaires…) les réponses possibles (développées ou imaginées) aux effets pervers de l’idéologie managériale, qui seraient des alternatives possibles aux impasses professionnelles dans lesquelles se trouvent une partie de plus en plus importante des intervenants sociaux.

Programme de la journée

8H30: Accueil café

8H50: Accueil par Madame Huguette Desmet, Université de Mons, et Gaëtan Dendievel, Haute Ecole en Hainaut (HEH), Directeur de la Catégorie sociale

9H00: Introduction par François Gillet et Françoise Cordier, Président et Vice-présidente de l’ABFRIS

9H15: « Identité, compétences, employabilité…

L’enseignement confronté aux mutations du champ social. Quel équilibre entre professionnalisation, construction des savoirs et pratiques réflexives ? », par Nathalie Courtois, Haute Ecole Louvain-en-Hainaut (HELHa)

10H00:  « Y a-t-il managérialisation de l’intervention sociale ? », par Didier Vrancken, Université de Liège

11H00: Pause

11H30: « Le morcellement des aides en CPAS », par Daniel Hanquet, assistant social, membre de la FéWASC

12H30: Repas

13H30: Tables rondes

15H15: Pause

15H45: Rapport des tables rondes

16H15: Conclusions par Françoise Tschopp, Haute Ecole en Travail Social de Genève, administratrice de l’AIFRIS

16H30: Le mot final du Président

16H45: Drink de clôture

 

Les tables rondes

1. Précarisation du travail social … précarisation des travailleurs sociaux ?

Le contexte sociopolitique actuel conduit le champ de l’intervention sociale vers de nouvelles normes de gestion. Les valeurs du management s’y diffusent de plus en plus, même si c’est de manière différente, selon les secteurs d’activité. Parfois bien installées dans certains services sociaux, elles se profilent progressivement dans d’autres.

A côté des effets de ces nouvelles normes de gestion sur le travail effectué avec les usagers, il paraît important de s’arrêter aussi sur les répercussions directes qu’elles ont sur les institutions et les travailleurs du champ de l’intervention sociale. Ainsi, comment les organisations peuvent-elles assurer leurs activités et leur pérennisation dans un contexte de gestion budgétaire à enveloppe fermée ? Comment assurer les missions de fonctionnement liées à leur objet social ? Comment assurer la prise en charge des contrats des intervenants à long terme ? Comment l’organisation prend-t-elle (ou peut-elle prendre) en compte la situation du professionnel (intervenant, travailleur social) ? Quels effets sur l’implication, l’investissement de l’intervenant dans son travail ?

 

2. Formation généraliste ou spécialisation: quelle cohabitation ?

Certains secteurs du non marchand exercent de plus en plus de pressions pour que les écoles forment des spécialistes ou des intervenants « clés sur porte ». Comment gérer la tension entre la formation généraliste proposée par les écoles et la spécialisation attendue par le terrain ?

Les professionnels sont de plus en plus confrontés à la nécessité d’être efficaces, performants, rentables. Ils sont soumis à de nouvelles normes et procédures, aux référentiels métiers, à la standardisation des pratiques professionnelles. Dès lors, comment la formation peut-elle permettre à l’étudiant de construire son identité professionnelle et ainsi de se situer dans le champ social ? Les écoles peuvent-elles (encore) être un lieu d’échange et de réflexion pour les professionnels, voire avec eux ? Comment peuvent-elles former et aider à prendre distance et favoriser la concertation autour des pratiques ?

 

3. Aujourd’hui… accueillir sans activer … est-ce possible?

Que faire si l’aide devient conditionnée par la capacité de l’usager à se mettre en projet alors qu’il n’a pas ou ne veut pas de projet ? Comment prendre en charge les exclus des politiques d’activation ? Des lieux d’accueil sans exigences particulières sont nécessaires pour permettre, pendant un temps non défini, aux personnes de se poser et de se reconstruire, de redevenir sujet. Quel rôle ces lieux peuvent-ils tenir dans le champ de l’intervention sociale ? Quelle reconnaissance et quels moyens existent-ils pour l’intervenant social ? Qui plus est, un usager ne pourrait-il pas s’autoriser un temps de « réflexion » dans l’ensemble des services?

 

4. Quelle(s) évaluation(s) pour quelle(s) pratique(s)?

L’évaluation a infiltré tous les métiers. Si elle fait partie intégrante du champ social, force est de constater que son utilisation a été détournée au profit du management. Les organisations, les professionnels comme les usagers sont de plus en plus soumis au contrôle sur base d’indicateurs de performance, d’efficacité et d’efficience.

Sous prétexte d’offrir à l’usager un service « de qualité », l’intervention sociale ne risque-t-elle pas de privilégier la standardisation des objectifs et des méthodes ? Comment, à partir des nouvelles exigences institutionnelles et managériales, réintroduire les valeurs du travail social dans nos pratiques professionnelles ?

 

5. Le social… un nouveau business plan?

Les pressions budgétaires sont telles que les services publics sont amenés à déléguer ou à traiter en tout ou en partie certaines problématiques à travers des partenariats public/privé ou des systèmes de sous-traitance. Celles-ci, historiquement assumées par le secteur non marchand, sont désormais récupérées par le secteur marchand. Soumis à une forme de clientélisation, l’ensemble des acteurs, tant les usagers que les professionnels du champ social, est en quête de repères et d’identité. Pouvons-nous y voir une forme de créativité face aux besoins actuels de la société ou un risque de dérive ? Quels sont les effets et les impacts d’une telle transformation sur les pratiques des intervenants ? Qu’en est-il de la place accordée à l’usager (et à sa famille),à sa (ses) demande(s) /désir(s)?

 

Prix:

  • 30 euros avant le 20 mars 2012
  • 40 euros à partir du 20 mars 2012
  • Etudiants, sans-emploi et membres de l’Abfris : 20 euros

A verser, après inscription sur le site www.abfris.be sur le compte

IBAN BE87 0015 7147 7394 de l’ABFRIS avec en communication le nom et le prénom de la (ou des) personne(s) inscrite(s).

Ce prix inclut le repas de midi.